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Food chaining : comment goûter plus facilement de nouveaux aliments

En anglais, on parle de food chaining. Comme en français, je n’ai pas vraiment trouvé d’expression équivalente, je vais garder l’expression anglaise, qui je trouve est suffisamment parlante, même pour les non-anglophones (mais si vous avez l’équivalent en français n’hésitez pas à partager en commentaire !).

L’idée est assez simple, et somme toute, assez logique : identifier des aliments proches de nos aliments sûrs, qui seraient du coup plus facile à goûter. C’est un principe que j’ai énormément mis en pratique lors de mon traitement aux anti-dépresseurs, et qui m’a vraiment permis d’ajouter de nombreux plats à mon alimentation quotidienne.

Ce que j’appelle mon « alimentation quotidienne », ce ne sont pas les plats que je mange tous les jours, mais ceux qui peuvent constituer n’importe quel repas de ma semaine, sans aucun challenge ou difficulté particulière. Ajouter un nouvel aliment (ou un nouveau plat) à cette liste signifie que je n’ai pas seulement goûté un nouvel aliment, mais que je suis capable d’en faire un repas complet et d’en manger régulièrement.

Je parle de nouveau plat car via le food chaining, de nombreux plats sont en fait constitués des mêmes aliments. Cependant, pour un néophobe, manger un même aliment mais préparé différemment constitue un challenge tout aussi difficile (ou presque, selon les cas) que de manger un nouvel aliment. On a déjà vu que le même aliment, mais cuisiné légèrement différemment, peut complètement bloquer le néophobe et l’empêcher de manger le plat, notamment des enfants incapables d’expliquer leur blocage et encore moins de le raisonner : des pâtes à l’huile d’olive plutôt qu’au beurre, des oeufs à la coque légèrement trop cuits, des croque monsieur, des nuggets et des pommes de terres faits au four plutôt qu’à la poêle…

Ce principe de food chaining est donc à appliquer avec parcimonie, pour des personnes ayant évoqué le souhait d’élargir leur alimentation, et il faut garder en tête que notamment chez les enfants très récalcitrants, cela peut s’avérer inefficace, comme expliqué plus haut…

 

 

Voici quelques exemples de plats que j’ai pu rajouter à mon alimentation grâce au principe de food chaining :

  • Les gnocchis
    C’est un mélange de pâtes et de pomme de terre, deux de mes aliments les plus sûrs, donc très facile à goûter. Ce n’est pas mon plat préféré, mais je suis aujourd’hui capable d’en manger si besoin.
  • Les pommes de terre sous toutes ses formes
    Avant ce n’était que frites et pomme noisettes, surtout pas de patates vapeur ou purée ! Maintenant, je peux manger la pomme de terre de toutes les manières, peu importe la façon.
    J’ai encore beaucoup de mal avec la texture de la purée, mais si vraiment il faut je suis capable d’en manger quand même. En revanche, j’arrive à manger plus facilement l’écrasé de pomme de terre (de chez Picard), qui a une texture légèrement différente.
  • La purée de carottes, et la purée de patate douce
    En mélangeant avec l’écrasé de pomme de terre, j’ai réussi à incorporer petit à petit un peu de purée de carotte. Je mange toujours un mélange des deux, je ne suis pas encore passée à la purée 100% carottes, mais j’arrive à faire un repas complet avec cette purée carottes/pommes de terre donc c’est déjà pas mal !
    Et j’applique le même procédé avec la purée de patate douce.
  • Le gratin de pâtes et le gratin dauphinois
    J’aimais le fromage gratiné sur les gâteaux apéritifs par exemple (Monaco de Belin), et je mangeais des pâtes et des pommes de terre, donc j’ai tenté les gratins, que j’adore désormais, ça fait partie de mes plats préférés
  • Les pâtes au gruyère rapé
    Dans les gratins, je rajoutais un peu de fromage dans les pâtes en plus du fromage sur le dessus qui gratinait, j’ai donc aussi pu ajouter les pâtes au gruyère fondu dans ma liste de repas — avant c’était seulement les pâtes au beurre, surtout rien d’autre ! Je ne suis pas une grande fan du gruyère râpé dans les pâtes, à la maison je les préfère nature avec seulement un peu de beurre, mais dans les stands de pâtes à emporter par exemple où les pâtes ne sont pas super bonnes, je les préfère avec un peu de gruyère pour donner un peu de goût.
  • Le croque monsieur
    Je mangeais du pain de mie et désormais aussi du fromage fondu, j’ai donc tenté le croque monsieur.
    J’ai commencé sans jambon au début, seulement le pain et le fromage. Puis une fois bien accepté sous cette forme-là, j’ai commencé à rajouter un tout petit peu de jambon cru dedans, des morceaux tellement petits que je ne sentais pas la texture (qui me semblait impossible à mâcher !) mais je sentais quand même ce petit goût un peu salé qui me plaisait plutôt.
    J’ai préféré le jambon cru au classique jambon blanc car l’odeur et l’aspect du jambon blanc m’écoeurent vraiment, mais le jambon cru ça passe aussi bien à la vue et qu’à l’odeur.
  • La raclette
    Une fois que je mangeais du fromage fondu, un peu de jambon, et des pommes de terre vapeur, c’était un jeu d’enfant !

Voilà comment à partir deux aliments, le fromage et la pomme de terre, j’ai pu ajouter 10 nouveaux plats à mon alimentation.

 

Cela fonctionne aussi avec les oeufs : de l’oeuf à la coque, j’ai réussi à passer à l’oeuf au plat et donc manger des crêpes ou galettes oeuf fromage, des croque madame, et des pâtes mélangées avec un oeuf au plat.

 

 

A lire sur le sujet (en anglais) : Food chaining, The Proven 6-Step Plan to Stop Picky Eating, Solve Feeding Problems, and Expand Your Child’s Diet

 

 

Si vous avez d’autres exemples, ou des idées de food chaining, surtout n’hésitez pas à partager en commentaire, je suis très intéressée par ce type d’associations, et je suis persuadée que cela pourra aider d’autres personnes également !