Mieux vivre

Néophobe, adulte et en bonne santé

Pour beaucoup de parents de néophobes, l’une des plus grandes craintes est que leur enfant ne soit pas en bonne santé, ne grandisse pas comme il faut, ne puisse pas vivre comme ça tout sa vie.

Bonne nouvelle : c’est tout à fait possible. Depuis la création du blog, puis du groupe Facebook, j’ai eu la chance de discuter avec pas mal de néophobes, et même d’en rencontrer certains et de me lier d’amitié avec d’autres. Et le fait est que l’adulte néophobe est un adulte comme un autre, il fait avec sa néophobie et puis voilà.

Comme d’habitude, je vous partage principalement ma propre expérience, et j’invite les lecteurs néophobes adultes à faire de même s’ils le souhaitent, soit en commentaire sous cet article, soit par email pour que je publie un article dédié dans la rubrique « Portraits de néophobes », si vous le souhaitez.

 

 

J’ai 33 ans,et je suis, globalement, en bonne santé.

Je mesure 1m56. Je ne suis pas bien grande, mais pas non plus minuscule, je suis entourée de beaucoup de copines et collègues pas beaucoup plus grandes que moi, et qui mangent tout à fait normalement. Parmi les néophobes que j’ai pu rencontrer ou avec qui j’ai discuté, j’ai aussi vu de très grand.e.s, et des tailles plus moyennes.

Je pèse 62 kilos, jusqu’à mes 18 ans je faisais dans les 45kg, j’étais assez mince mais pas non plus trop maigre, après j’ai vécu seule et j’ai pris quelques kilos, j’ai bossé chez McDo comme job étudiant et j’ai pris quelques autres kilos, j’ai commencé à bosser et j’ai pris encore quelques kilos. Aujourd’hui, j’ai quelques kilos en trop, mais je suis en bonne forme, je fais du sport jusqu’à 2 ou 3 fois par semaine (et parfois zéro, parce que j’ai la flemme). Parmi les néophobes adultes, certains sont en sur-poids, d’autres sont trop minces et n’arrivent pas à prendre du poids par manque d’appétit, et d’autres sont dans la moyenne. Comme dans votre entourage de non-néophobes, après tout, non ?!

Je fais un ou deux rhumes par hiver, j’ai des allergies au pollen au printemps, j’ai parfois une gastro ou une rhino. J’ai un système immunitaire probablement pas aussi performant que mes collègues exemplaires qui n’ont jamais eu un arrêt maladie en dix ans, mais je n’ai jamais rien de grave non plus, et c’est toujours des petits trucs, jamais bien virulents, je suis rarement allitée plus de deux jours.

Je ne me suis jamais rien cassé, une petite fêlure au petit orteil cogné dans un coin de mur, un doigt coincé dans une porte en jouant avec mon frère, et une entorse au doigt en rattrapant mal un ballon de basket (j’ai des soucis de doigts je crois…) mais c’est tout. Pas une seule fracture en trente ans, sans être particulièrement casse-cou je suis quand même sportive et j’ai beaucoup bougé, voyagé.

La seule chose que j’ai vraiment remarqué, c’est la fatigue. J’ai besoin de beaucoup de sommeil, j’ai un sommeil qui n’est pas réparateur et je suis très souvent fatiguée. Je sais que j’ai des taux de fer assez bas, sans être anémiée pour autant. Ca joue sûrement. Mais comme je supporte mal le fer en cachet (et que a priori je n’ai pas suffisamment de vitamines pour pouvoir l’absorber correctement) je ne suis pas supplémentée en fer via des compléments alimentaires. Je me contente de dormir beaucoup, je profite de n’avoir pas encore d’enfants pour pouvoir me le permettre. 

Je fais chaque année des prises de sang pour contrôler mes carences, fer, vitamines, cholestérol, glycémie, magnésium… Je suis dans la moyenne partout. J’ai des taux un peu bas pour certains (principalement le fer), un peu élevés pour d’autres (coucou le cholestérol) mais tout est dans la moyenne, rien d’inquiétant pour les médecins. 

Ce n’est pas (encore) mon cas, mais beaucoup de néophobes de la communauté Facebook ont des enfants. Les grossesses se sont passées sans souci dans la majorité des cas (c’est une meilleure moyenne que mes copines en « bonne santé » qui mangent de tout, qui ont eu tout un tas de complications de grossesses des plus bénignes aux plus dramatiques) et les enfants sont en bonne santé. Certains sont néophobes, beaucoup mangent de tout. L’éducation alimentaire est un peu plus complexe car il faut réussir à leur faire comprendre que « maman est malade, qu’elle aimerait bien pouvoir manger de tout et qu’elle ne peut pas, qu’il faut prendre exemple sur papa et goûter à tout » mais malgré tout, beaucoup d’enfants ne présentent pas de symptômes de néophobie sévère ou de troubles de l’oralité. Et pour les autres, ils ont des parents mieux équipés, déjà bien informés, qui savent ce que traversent leurs enfants et sont plus à même de les accompagner. 

 

Le corps est une machine extraordinaire, aux pouvoirs d’adaptations assez bluffants. Oui, on peut vivre jusqu’à 70 ans en ne mangeant que des pâtes des frites et des chips. Oui, on peut avoir une vie normale malgré un régime alimentaire plus que restreint. On peut faire des études, travailler à temps plein, avoir des amis, fonder une famille. 

Non, les néophobes ne meurent pas avant 25 ans par manque de viande et de légumes, comme on peut l’entendre dans certaines des menaces, tentatives désespérées de parents ne sachant plus quoi dire pour faire manger leurs enfants néophobes. 

Et si vous ne me croyez pas, ou si vous vous dites que je suis une exception à la règle, si vous avez besoin de plus de témoignages pour vous convaincre, alors venez nous rejoindre sur le groupe Facebook, où vous pourrez lire plein de témoignages d’autres personnes elles aussi adultes, elles aussi en bonne santé

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1 commentaire

  • Répondre marie 02/03/2021 à 21 h 48 min

    merci infiniment pour tout ce que vous transmettez! chacun de vos témoignages m’aide à comprendre ce que vit mon fils..

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